Où sont les femmes dans l'Eglise
Témoignage Chrétien. Éditorial 09 avril 2026.
Nous sommes en temps pascal … Il y a plus de 2 000 ans, les femmes sont les premières en tout : premières au tombeau, premières à avoir vu, premières à être envoyées, premières à témoigner … Aujourd’hui, chez nous, où sont-elles ?
…Où sont les femmes ?
par Christine Pedotti
Dès le début des célébrations de la Semaine sainte, les femmes sont au cœur des textes évangéliques. Dès le Lundi saint, nous découvrons une femme qui répand sur la tête de Jésus un flacon d’huile parfumée, geste prophétique par excellence, geste par lequel le prophète Samuel consacre d’abord Saül, puis le jeune David comme rois d’Israël.
Et c’est bien en roi que Jésus entre dans Jérusalem : Roi des juifs, ainsi que le dira la pancarte apposée sur ordre de Pilate sur la croix. Au pied de cette croix, justement, il ne reste que des femmes. Les disciples ont été dispersés par la peur. Et, de nouveau, ce sont les femmes qui, devant le tombeau vide, reçoivent l’annonce de la Résurrection, annonce que Jésus leur confie pour la transmettre aux disciples.
Sans ces femmes, serions-nous là ? Cette place éminente, et même stupéfiante, des femmes autour de Jésus, durant le temps de sa prédication, mais, surtout, dans les derniers jours, les dernières heures et dès la première heure du matin de la Résurrection, a posé un très gros problème dans le monde profondément masculiniste et misogyne qui était celui de l’Antiquité juive, grecque et romaine.
Mais, si l’incompréhension culturelle peut expliquer historiquement l’effacement des femmes dans le christianisme antique et ultérieur, en aucune façon elle ne peut justifier leur élimination dans le christianisme contemporain, et tout particulièrement dans le catholicisme.
Au contraire ! Dans le temps de ténèbres et d’inquiétude qui est le nôtre, comment l’Église catholique peut-elle être à ce point sourde et aveugle aux textes qu’elle proclame et qu’elle médite ? Ces femmes ardentes et déterminées qui sortent de la grande nuit de la Passion et du silence de mort qui a envahi la Terre et courent au tombeau dans la première lueur du jour révèlent au monde l’inattendu, l’inespéré : celui qui était mort est vivant, la vie a vaincu la mort.
Elles sont les premières passeuses de la Bonne Nouvelle. Au nom de quelles misérables habitudes décide-t-on de se passer d’elles ? Nos frères et sœurs protestants, depuis quelques décennies, leur ont rendu justice et la parole. N’est-il pas temps de compter de nouveau sur les femmes ?
Qu’attend Rome ?
Source : Témoignage Chrétien. Éditorial 09 avril 2026. Via « Notre Pain Quotidien » ®