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Groupe "Je crois"

« Je Crois » Au cours de longues années de pérégrination à travers le monde et quelques Eglises locales j’ai porté ce qu’on m’a dit être le dépôt de la foi. On me l’aurait confié au jour de mon baptême pour en faire un bon usage. Pesaient sur mes épaules et tout le contenu de la foi dont il ne fallait rien distraire et toutes les explications y afférant, longuement travaillées par des personnes sérieuses et avisées. Ce lourd sac contenait toutes les questions et les réponses à mes éventuelles questions. LE quizz ! Je n’avais plus qu’à transmettre le paquet.

Je reconnais qu’on n’en est plus là mais un certain esprit demeure. Certains ont conservé le dépôt dans son intégralité, d’autres, harassés, se sont débarrassé du fardeau, quelques-uns se mettent à faire du tri pour retrouver, au fin fond du sac, l’essentiel. Quelques ami-e-s, cinq pour le moment, se rassemblent pour déblayer le terrain. Le but du jeu n’a jamais été bien défini. C’aurait été figer l’action. Le point de départ, d’un commun accord, ce fut « Le Dieu de Jésus-Christ ». Il fallait bien un préalable… Après quelques rencontres, le but serait peut-être de s’entraider les uns les autres à déconstruire le millefeuille, puis à reconstruire, non pas un nouveau compendium de vérités à croire, mais quelque chose de léger que chacun, à sa façon, avec ses mots, ses expériences de vie, puisse dire à un moment : « Oui, ça je le crois et ça peut me faire vivre et faire vivre autour de moi. » Chacun vient avec son sac, sac dont le contenu a déjà été bien allégé et chacun tire de son sac qui une Trinité, qui un fils de Dieu, et puis Dieu lui-même, une parole d’évangile, une résurrection, un dogme, un fait de vie, une messe de Noël … une perle faisant foi pour l’un, repoussoir pour l’autre. Nos rencontres, malgré ces « gros » mots que je viens d’écrire, ne sont pas lourdes. L’humour et la prise de distance ne sont jamais loin et l’air est respirable. Première constatation : il est plus facile de se débarrasser des encombrants et de confier ses doutes que de dire sa foi, son peu de foi, ses moments de foi. Il est plus difficile, en revanche, de mettre des mots qui sonnent vrai, qui ont du sens. Un vrai travail d’orfèvre. Gérard Guérin

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