Il se dit dans le Landerneau romain que l’unité serait la priorité du pontificat de Léon.
Ça tombe bien, parce que, dans notre petit coin de Sarthe, nous nous posons également cette question devenue plus ou moins lancinante : « comment faire communauté » ?
Nous cherchons une « œicouménè », une maison commune … Avec qui habiter cette maison ? Nous ne parlons pas d’appartenance ou d’agrégation mais tout simplement de liens et de qualité de ces liens. Vers qui nous tourner ?
Avec les sœurs et frères de l’église qui nous a vus naître et nous a baptisés ?
Les membres du corps du Christ évoqués dans la lettre de Paul aux habitants de Corinthe?
L’ensemble des baptisés, quelle que soit leurs dénominations ?
Les disciples de Jésus, sans lien avéré avec quelque institution ?
Les tenants de la messe de toujours, gardiens d’une orthodoxie figée ?
De quelle unité s’agit-il ?
Eglises, hiérarques et théologiens traînent ce concept depuis des lustres sans qu’il ait pris corps dans nos institutions ou nos assemblées, attendant patiemment, peu-têtre paresseusement, qu’arrive le jour J d’un nouveau concile de Nicée.
J’avoue, pour ma part, que le simple mot ’unité’ me fait peur.
Le ‘UN’ pour moi sent le soufre et me renvoie à des temps anciens où le catéchisme nous imposait un langage unique. Le temps était aux idéologies porteuses d’impérialisme, de langage unique, et de prêt-à-penser, toutes marchant au pas de l’oie. Il me dit pouvoir, puissance, obéissance, agenouillement, idolâtrie …
Je crois que l’avenir ne se fera pas dans l’unité mais dans la communion, chacun respectant les idées et convictions, les rites et coutumes, les recherches et tâtonnements, même les errances et les erreurs, de chacun.
Rien d’un consensus mou ou d’un credo bien huilé.
Tout simplement, marcher ensemble avec un minimum de bagages, empruntant la voie royale des Béatitudes, avec comme feuille de route l’évangile, tous différents, tous plus ou moins bancals, tous… amoureux de l’ami randonneur qui se fait proche.
A l’étape, sous la tente, nous partagerons le pain.
Dans cette nouvelle lettre, Delphine Horvilleur, Nans Thomassey, Marc Maronne, Jean Debruynne, Marc Durand et quelques autres nous parlent de cette communauté en marche.
Gérard GUERIN