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Léon XIV premier oppposant à Trump

Neuf mois après la fumée blanche, les signaux d'un affrontement de plus en plus musclé entre Washington et le Vatican s'accumulent. Léon XIV a décidé de bouder le grand événement que Donald Trump prévoit d'organiser le 4 juillet, pour le 250e anniversaire de l'indépendance des États-Unis. Non seulement il ne se rendra pas aux États-Unis cette année, mais le 4juillet, précisément, le pape ira à Lampedusa, la petite île, située entre la Sicile et la Tunisie, où des dizaines de milliers de migrants ont échoué depuis des années.
Le pape François avait fait de Lampedusa un symbole de son engagement pour les plus démunis. Léon XIV, avec moins de fracas mais la même ténacité, suit ses pas.
Lors des violences perpétrées par la police de l'immigration, l’ICE, à Minneapolis le mois dernier, le président de la conférence épiscopale des Etats-Unis, Mgr Paul  Coakley, avait dénoncé « la rhétorique déshumanisante et les actions menaçant la vie humaine ». 

Anti-Maga

Pour remplacer l'archevêque de New York, le cardinal Nolan, proche de Donald Trump, Léon XIV a choisi Ronald Hicks, 58 ans, connu pour ses positions pro-migrants. Steve Bannon, le stratège de Donald Trump en 2016, avait, en mai, qualifié l'issue du conclave comme « le pire choix pour le pire choix pour les catholiques Maga [Make America Great Again) », comme « un vote anti-Trump de la part des globalistes de la Curie »

En matière de relations internationales, même choc frontal. Le Saint-Siège a décliné l'invitation de la Maison-Blanche à participer au premier Conseil de la paix, cet organisme créé par Donald Trump de toutes pièces, consacré à Gaza. « Certains points nous laissent perplexes, notamment le fait qu'au niveau international, ce devrait être à I’Onu d'organiser ces situations de crise », a déclaré le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État. Même camouflet sur le Groenland (LéonXIV a béni en fin d'année un bloc de glace en provenance de cette île convoitée par Trump, en insistant sur la protection de l'environnement), ou le Venezuela, lorsque le pape a invoqué le respect de la souveraineté des États.

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